PATRIMOINE EN DANGER !

Chef-d’œuvre d’un des plus grands facteurs d’orgue du XVIIIe siècle, l’orgue historique Clicquot de l’église Saint-Leu - Saint-Gilles est un des plus anciens et des mieux conservés de la capitale. Or, l’instrument est dans un abandon total depuis 1974 et son état se dégrade de plus en plus rapidement !

Un groupe de personnes intéressées par le patrimoine de l’église Saint-Leu - Saint-Gilles et le patrimoine des orgues s’est ému de cet état d’abandon et milite pour une restauration de ce patrimoine unique.


Sur ce site (en construction), vous pouvez :

 - connaître l'histoire du grand-orgue de Saint-Leu - Saint-Gilles ;

 - découvrir l’instrument dans son état actuel ;

 - entendre les avis d’experts sur l’état actuel de l’instrument et des idées de restauration ;

 - vous informer du projet de restauration


 - nous témoigner votre intérêt et nous
soutenir ;

 - découvrir la paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles et l’animation liturgique ;

 - en savoir plus sur la facture d’orgue et les organistes. 


Un peu d'histoire...

Quelques mots sur l’histoire du Grand orgue historique de l’église Saint-Leu - Saint-Gilles.

L’église Saint-Leu - Saint-Gilles est une des plus anciennes églises de Paris. Discrètement située sur la rue Saint-Denis, elle possède néanmoins un des plus beaux exemples d’architecture du XVe siècle.

L’orgue que vous voyez actuellement n’est pas le premier instrument à Saint-Leu - Saint-Gilles. On signale dans les descriptions de mobilier d’église qu’un instrument existe depuis le XVIe siècle. De l’instrument d’origine, on ne sait pas grand chose. Ce qui est certain, c'est que l’instrument actuel reprend certaines boiseries de l’instrument du XVIe siècle.

Autour de 1658, le facteur Guy Jolly construit l’essentiel du buffet que nous voyons actuellement. L’instrument est déjà un instrument important, disposant de 4 claviers et 28 jeux. L’instrument est alors régulièrement révisé, en 1670 puis en 1703.

Le grand facteur François-Henri Clicquot ;
auteur des orgues de la chapelle royale de Versailles, de l’église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris et de la cathédrale de Poitiers ; va reconstruire quasi totalement l’instrument entre 1786 et 1788 en ne modifiant cependant que de manière marginale le buffet (il rajoutera les ailes latérales du grand orgue et élargira le positif). L’orgue parle toujours sur 4 claviers et 28 jeux mais sa composition a évolué. Au lendemain de la révolution, des experts qualifieront l’instrument de « premier ordre » en conception comme en qualité.

Au XIXe siècle, l’instrument est adapté pour pouvoir jouer le répertoire romantique.

Le facteur d’orgue Suret, créateur du magnifique instrument de Sainte-Elisabeth-de-Hongrie y réalise des adaptations en 1855. Une boîte expressive est rajoutée au-dessus du grand buffet,  plusieurs jeux sont remplacés et la console modifiée. L’instrument conserve cependant l’essentiel des caractéristiques de Clicquot mais parle dorénavant sur trois claviers.

Une autre intervention en 1912 par le facteur Mutin n’altèrera pas considérablement l’instrument bien que plusieurs jeux soient modifiés.

L’orgue est un des rares instruments parisiens à être classés Monument historique à la fois pour le buffet et la partie instrumentale.

C’est un instrument aux caractéristiques uniques ! Rares sont en effet les instruments qui n’ont pas subi au cours des siècles suivants des altérations irréparables. Ici, l’essentiel de l’orgue XVIIIe a été conservé : buffet, tuyauterie d’origine à plus de 60% et l’essentiel de la mécanique.

C’est aussi un des seuls instruments à n’avoir fait l’objet d’aucune restauration depuis cent ans sur la capitale !

La composition et l’origine des jeux est actuellement la suivante (d’après l’audit effectué en 1976 par Dufourcq et Villard, l’état actuel étant encore en partie incertain, on considèrera comme probable la description suivante de l’instrument).



Etat actuel de l’orgue


L’orgue est totalement injouable depuis 1974 !


Un incendie a en effet détruit une partie de la pédale à cette date et, depuis, aucun travaux n’ont été engagés.


Les traces de l’incendie sont encore visibles à l’arrière du buffet.






L’alimentation électrique a été longtemps coupée (et est maintenant rétablie).

Le réservoir principal a été également endommagé à une époque inconnue.


La console résume l’état de l’instrument : un état total d’abandon, mais tout est là (à quelques lames d’ivoire près)







L’abrégé (Clicquot) du Grand Orgue semble relativement bien conservé.

Plus inquiétant, des traces de moisissures et d’infection par des agents parasites témoignent d’une lente dégradation de l’instrument.













La tuyauterie est en piètre état, très poussiéreuse. Malgré tout, il semble que les jeux soient complets (quelques tuyaux manquants cependant au Grand Orgue et au récit).

  



 


 
  
  


Le projet

Qui est le propriétaire de l’instrument ? Qui doit se charger de l’entretien ? Est-il protégé ?

La Mairie de Paris est le propriétaire de l’instrument, comme tous les éléments mobiliers des églises parisiennes avant la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

La Mairie de Paris fait procéder régulièrement à des restaurations d’instruments ou même en fait construire.

L’instrument est classé monument historique pour le buffet et la partie instrumentale. A ce titre, l’orgue bénéficie d’une protection particulière, aucune modification de l’instrument ne pouvant être menée sans l’accord de la commission des orgues.

Une expertise a été réalisée récemment afin de déterminer l’état réel de l’instrument.

Pourquoi une restauration maintenant ?

L’état actuel de l’instrument se dégrade de plus en plus rapidement. Il est possible que certaines dégradations soient un jour irréversibles.

Il est en revanche certain que plus la restauration de l’instrument est repoussée, plus il sera onéreuse et compliquée.

Orgue bien construit et de petite taille, on peut penser que l’ampleur des travaux à effectuer est relativement modeste comparé à un orgue de tribune d’une grande église.

Quel projet ?

Le grand Orgue de Saint-Leu est un instrument de type classique français dont les parties XVIIIe (voire plus anciennes) ont été relativement bien conservées.

L’instrument a été en partie modifié au XIXe siècle. Les apports du facteur Suret semblent de bonne qualité d’après les experts qui ont inspecté la tuyauterie. L’instrument ne possède cependant des caractéristiques romantiques limitées. Le clavier du récit par exemple ne parle que sur 3 octaves et demi.

La remise en état du maximum de l’orgue Clicquot ne semble pas discutée par les experts que nous avons consultés. La conservation d’une mécanique classique aussi. Pas question à Saint-Leu de reconstruire un orgue ex-nihilo, comme cela a souvent été le cas en France comme à l’étranger (avec la perte d’une grande partie de notre patrimoine !). Les possibilités de développement des possibilités musicales sont également limitées à Saint-Leu. L’espace est compté, à la tribune du Grand Orgue de Saint-Leu !

Remis en état, l’orgue actuel peut cependant être complété pour retrouver ses caractéristiques d’origine ou en apporter d’autres.

Deux possibilités principales s’ouvrent :

  -  la restauration à l’identique de l’orgue de François-Henri Clicquot. Cette option a été proposée par l’audit de 1976. Cette option nécessiterait de compléter l’instrument avec plusieurs jeux, le retour à une console à quatre claviers, le repavillonage de certains tuyaux, voire le retour à un pédalier à la française. St Leu serait alors un des deux instruments parisiens d’esthétique totalement française avec l’orgue de l’église Saint-Gervais.

  -  
la restauration des principaux jeux romantiques et des compléments romantiques les plus intéressants. C’est le parti pris réussi pour l’instrument (également de Clicquot à l’origine) de la cathédrale Saint-Louis à Versailles.

Il est certain que l’orgue une fois restauré fera le plaisir des organistes et passionnés de musique d’orgue français et étrangers, qui sont si nombreux à visiter et venir écouter les orgues de Houdan, Saint-Maximin et Poitiers.

Il est certain que le projet définitif nécessitera de faire un choix philosophique et esthétique et de trancher certaines questions. Par exemple, quel sort faire à la boîte expressive Suret qui rompt l’équilibre harmonieux du buffet XVIIe/XVIIIe ?

L’urgence et la base de départ du projet de restauration : une remise en état dans son état actuel.

La Paroisse et le groupe d’experts et de passionnés qui s’intéressent à l’instrument ont réalisé récemment un inventaire des tuyaux et de la mécanique afin d'éviter toute déprédation ultérieure de l'instrument.

L'association qui soutient le projet milite pour une remise en état complète à court terme de l’orgue dans sa composition actuelle.

Il sera plus facile alors de déterminer l’état réel des différentes parties de l’instrument, notamment les parties inaccessibles à l’heure actuelle (sommier et mécanique du positif par exemple) et l’intérêt de la tuyauterie. Rappelons que rares sont les personnes à avoir entendu jouer l’instrument !

Avis d’expert

Exclusif ! le cafard Mangebois nous donne son point de vue sur l’orgue historique de Saint-Leu :
« depuis 35 ans, nos parents, grands-parents et de nombreuses générations avant, ont élu domicile dans l’un des tuyaux du grand orgue de Saint-Leu. Le calme total ! Pas d’organiste qui vient nous casser les oreilles tous les dimanches matins ou (d’après ce qu’on m’a dit dans les autres églises parisiennes) en journée. Ici, c’est le calme absolu. Avec plein de choses à manger : des détritus de cafard, de tuyaux de bois du XVIIIe siècle (très appétissants !), etc. Ces derniers temps, c’est même bombance : les débris divers et variés se multiplient, etc. Espérons que personne ne vienne troubler notre tranquillité. Depuis quelques mois, nous sommes inquiets : de nombreuses personnes montent à la tribune et inspectent l’orgue d’un air affairé. Nous avons même dû interrompre un succulent repas (un tuyau de flûte en bois du XVIIIe siècle). Espérons qu’ils nous laisserons encore longtemps, nous avons un magnifique garde-manger pour nos enfants et petits-enfants »


Vous informer, nous soutenir

Votre soutien moral, financier ou tout simplement votre geste amical serait un puissant atout pour notre projet.

Vous pouvez ici soutenir moralement un projet de restauration en envoyant un mail à la Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles et au groupe de travail sur le projet.

Vous pouvez également vous inscrire sur la
mailing-list.
En vous inscrivant à cette mailing list, vous recevrez des informations concernant l’avancement du projet de restauration, les divers évènements organisés pour faire connaître l’instrument (concerts, conférences, visites, etc.) et les mises à jour de ces pages internet.

Une association étant en cours de création, si vous souhaitez participer
à cette aventure, aider concrètement à l’élaboration du projet, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Votre contribution est la bienvenue !

Vous pouvez enfin soutenir financièrement le projet. Ce projet nécessitera en effet d’importants moyens financiers et votre appui sera utile pour soutenir les efforts du propriétaire de l’instrument.


Musique liturgique
et création musicale à Saint-Leu - Saint-Gilles

Saint-Leu - Saint-Gilles est également le lieu d’une intense activité de création.



 



La chorale de Saint-Leu - Saint-Gilles est composée de paroissiens bénévoles, dirigée par Roland Magnabosco, compositeur, qui enrichit le répertoire de la chorale par de nombreux chants et antiennes liturgiques inédites. Roland Magnabosco est l'auteur de nombreuses pièces pour choeur, orgue et divers instruments.





François Périllon anime le groupe de travail autour de la restauration du Grand Orgue historique. Il est également organiste bénévole et accompagne les offices à Saint-Leu - Saint-Gilles. Il a notamment été élève de Francis Vidil et de Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin en improvisation. Il anime également un blog sur l'improvisation musicale : http://www.impromuz.blogspot.com


Pour faire vivre ce projet, une association "Orgues de Saint-Leu - Saint-Gilles" a été récemment créée.

Elle est présidée par le Curé de la Paroisse, le Père Bernard-Marie Geffroy, secondé par Frédérique Dumont (trésorière) et François Périllon (secrétaire général). Jean-Claude Marmorat, architecte et Roland Magnabosco sont également membres du bureau.

L'association "Orgues de Saint-Leu - Saint-Gilles" s'enorgueillit d'avoir comme Président d'Honneur le grand organiste et connaisseur de l'orgue français Michel Chapuis, qui nous assure ainsi de son soutien entier à ce projet.

Chaque année, l’église Saint-Leu - Saint-Gilles accueille des concerts de musique sacrée. Régulièrement, des soirées musicales sont prévues (les samedis soirs). Renseignez-vous sur les événements et les dates des soirées musicales.

Plusieurs projets sont également à l’étude afin de mettre en valeur de patrimoine musical et la magnifique acoustique de l’église Saint-Leu - Saint-Gilles et notamment le projet artistique et caritatif porté par l'association Les Margéniaux, soutenu par l'ensemble Les Dissonances.

Le projet de restauration du grand orgue s’inscrit pleinement dans cette perspective d’animation musicale, d’ouverture et de création.


Liens

Paroisse Saint-Leu - Saint-Gilles

Association Diocésaine de Paris

Musique sacrée à Notre-Dame de Paris

Centre de musique sacrée

Association Clicquot Poitiers

Chevalier du Saint-Sépulcre

Association "Aux captifs, la libération"




Crédit photographique : Christophe d'Alessandro et François Périllon